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Pourquoi un objet fait main ne ressemble vraiment à aucun autre ?

il y a 2 jours
5 min de lecture
Mains d’une artisane réalisant un objet fait main au crochet dans l’atelier Maison Fabelline

Deux créations peuvent avoir la même couleur, les mêmes dimensions, être réalisées avec le même fil et suivre exactement le même modèle.

Et pourtant, elles ne seront jamais tout à fait identiques.

C’est l’une des particularités du fait main.

Dans mon atelier, je pourrais crocheter deux paniers l’un après l’autre. Compter les mêmes mailles. Utiliser la même matière. Reproduire les mêmes gestes.

Si vous les posez côte à côte et que vous les regardez attentivement, il y aura pourtant toujours quelque chose qui les distingue.

Une maille légèrement différente.

Une courbe qui ne tombe pas exactement au même endroit.

Une tension imperceptiblement plus souple.

Rien qui soit un défaut.

Simplement la trace d’une main.

Et c’est peut-être là que commence toute la différence entre un objet fabriqué et un objet fait main.


Avant l’objet, il y a du temps


Étole blanche au crochet en cours de création avec pelote de fil et crochet dans l’atelier Maison Fabelline

Nous avons pris l’habitude de regarder un objet terminé.

Un panier. Un doudou. Un châle. Une bonbonnière.

Nous voyons sa forme, sa couleur, son prix.

Mais nous ne voyons pas les heures qui se trouvent à l’intérieur.

Avant qu’une création Fabelline rejoigne la boutique, il y a d’abord une idée.

Puis une matière à choisir.

Une couleur à trouver.

Un modèle à imaginer ou à adapter.

Et enfin commencent les mailles.

Une après l’autre.

Certaines créations demandent quelques heures. D’autres beaucoup plus.

Et il arrive aussi que l’on défasse.

Parce qu’une forme ne tombe pas comme je l’avais imaginée.

Parce qu’une couleur fonctionne merveilleusement dans une pelote mais beaucoup moins une fois crochetée.

Parce que quelques centimètres suffisent parfois à déséquilibrer une création.

Alors je tire sur le fil.

Les rangs disparaissent.

Et je recommence.

Ce temps-là n’apparaît jamais sur l’objet terminé.

Pourtant, il en fait entièrement partie.


La matière change tout


Pelotes de fils aux couleurs douces sélectionnées pour les créations artisanales au crochet de Maison Fabelline

Avant même de prendre mon crochet, il y a une question essentielle :

Avec quoi vais-je fabriquer cette création ?

Toutes les matières ne se comportent pas de la même manière.

Certaines donnent de la tenue à un panier. D’autres apportent la souplesse recherchée pour un vêtement. Certaines conviennent à l’univers d’un tout-petit, d’autres seront plus intéressantes pour une création décorative.

Le choix du fil influence le toucher, le poids, le tombé, la tenue et bien sûr l’apparence finale.

C’est une partie du travail que l’on oublie facilement lorsque l’on regarde simplement une photographie.

Mais choisir une matière, c’est déjà commencer à dessiner l’objet.


La petite irrégularité qui dit : « quelqu’un l’a fait »


Deux pieuvres au crochet faites main, rose et verte, illustrant le caractère unique de chaque création artisanale

Le mot irrégularité peut sembler étrange lorsque l’on parle d’une création que l’on souhaite belle et soignée.

Pourtant, le fait main possède une régularité particulière.

Celle du geste humain.

Lorsque je crochète, mes mains répètent le même mouvement des centaines, parfois des milliers de fois. Mais elles ne sont pas une machine.

Et c’est justement ce qui fait qu’une création artisanale possède une personnalité que la production standardisée cherche, par nature, à éliminer.

L’industrie est formidable lorsqu’il s’agit de produire à l’identique.

L’artisanat poursuit autre chose.

Il cherche la qualité du geste, l’attention portée au détail et la possibilité d’adapter.

Deux doudous issus du même modèle auront le même petit air de famille.

Mais regardez-les bien.

Ils seront frères.

Jamais jumeaux.

Et j’aime beaucoup cette idée.


Dans l’atelier, les créations ont parfois leurs propres idées


Arsène, grand kraken au crochet fait main, création artisanale complexe de Maison Fabelline

Il y a ce que je prévois.

Et puis il y a ce qui arrive réellement.

C’est aussi cela, un atelier artisanal.

Certaines créations naissent d’un dessin précis. D’autres d’une pelote dont la couleur m’a donné envie d’essayer quelque chose.

Et certaines arrivent presque par accident.

C’est ce qui s’est passé avec Arsène.

Tout est parti d’un défi lancé pendant un cours de crochet : réaliser un kraken.

Pas vraiment la petite création que j’avais prévu de faire ce jour-là !

Mais j’ai cherché.

Essayé.

Et de ce défi est finalement né Arsène.

Voilà comment une idée lancée presque comme un jeu peut entrer dans l’histoire d’un atelier.

Et c’est précisément pour cela que le savoir-faire artisanal n’est jamais figé.

Il se nourrit de ce que l’on apprend, de ce que l’on rate, de ce que l’on recommence…

et aussi des autres.


Un savoir-faire ne naît jamais tout seul


Lorsque je donne un cours de crochet et que je regarde quelqu’un réaliser ses premières mailles, je retrouve quelque chose que l’on oublie parfois.

Un geste artisanal se transmet.

Quelqu’un nous l’a montré.

Puis nous l’avons répété.

Maladroitement au début.

Encore et encore.

Jusqu’au jour où les mains savent presque toutes seules.

Ensuite, à notre tour, nous montrons le geste à quelqu’un d’autre.

Le crochet est particulièrement beau pour cela parce que sa technique traverse les générations tout en continuant à évoluer.

Les modèles changent.

Les couleurs changent.

Les usages changent.

Mais le principe reste étonnamment simple : un fil, un crochet et deux mains.

Derrière une création artisanale contemporaine se cache donc quelque chose de beaucoup plus ancien qu’elle.

Une chaîne de gestes transmis de main en main.


Alors, qu’achète-t-on vraiment ?


C’est probablement la question la plus importante.

Car comparer uniquement le prix d’un objet industriel et celui d’un objet artisanal ne raconte qu’une partie de l’histoire.

Lorsque vous achetez une création artisanale, vous n’achetez évidemment pas « des heures de travail » que vous allez poser sur une étagère.

Vous achetez un objet.

Mais cet objet est le résultat de ces heures.

Du choix de sa matière.

Des essais qui l’ont précédé.

Du savoir-faire nécessaire pour le réaliser.

De l’attention portée à ses finitions.

Et parfois de la possibilité de choisir une couleur, une harmonie ou un détail qui fera qu’il a été pensé spécialement pour vous.

C’est cette somme invisible qui explique une partie de la différence.


Et puis vient la vie


Coffret cadeau Maison Fabelline composé de créations au crochet faites main et préparé avec soin pour être offert

Une fois terminé, l’objet quitte l’atelier.

Et c’est là que quelque chose d'intéressant se produit.

Un panier naissance accueille les premières affaires d’un bébé.

Un doudou devient peu à peu son doudou.

Une bonbonnière trouve sa place sur un meuble.

Un châle accompagne les saisons.

Un vêtement est porté, rangé, retrouvé.

Petit à petit, la valeur de l’objet ne dépend plus seulement de la personne qui l’a fabriqué.

Elle dépend de ce que vous vivez avec lui.

Certains objets seront utilisés pendant quelques années.

D’autres resteront.

On les rangera parce que l’on n’arrive pas à s’en séparer.

On les retrouvera bien plus tard.

Et parfois, on les donnera à quelqu’un d’autre.

Le fait qu’un objet soit artisanal ne garantit évidemment pas qu’il traversera les générations.

Mais lorsqu’un objet a été choisi avec attention, lorsqu’il a été offert pour une raison particulière et lorsqu’il a accompagné une histoire, nous avons souvent une raison supplémentaire de vouloir le conserver.


Acheter moins. Acheter mieux.

Je ne crois pas que nous ayons besoin de remplir nos maisons d’objets artisanaux.

Ce serait d’ailleurs assez contradictoire avec ce que représente pour moi le fait main.

Je préfère l’idée de choisir.

D’attendre parfois.

D’acheter moins souvent, mais de savoir pourquoi nous avons choisi cet objet-là.

Parce que nous aimons sa matière.

Parce que nous connaissons son origine.

Parce que nous apprécions le travail de la personne qui l’a fabriqué.

Parce qu’il correspond réellement à ce que nous cherchions.

Ou simplement parce qu’il nous a touchés.

Acheter moins.

Acheter mieux.

Et choisir, lorsque nous le pouvons, des objets que nous aurons encore envie de regarder, d’utiliser ou de transmettre dans quelques années.

À la Maison Fabelline, mes créations commencent toutes de la même façon.

Par un fil et un crochet.

Puis viennent mes mains, du temps, quelques essais, parfois quelques jurons devant un rang qu’il faut entièrement défaire…

Et enfin une création quitte l’atelier.

À partir de cet instant, son histoire ne m’appartient plus vraiment.

C’est la vôtre qui commence.


Signature de Martine pour Maison Fabelline : « Depuis la Maison, avec tout mon cœur » – Des créations qui traversent le temps

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