Une boîte à souvenirs artisanale peut-elle raconter toute une vie ?

Il y a quelques jours, une nouvelle création est née dans l'atelier.
Une boîte.
Une simple boîte, pourrait-on dire.
Et pourtant, pendant que je la crochetais, je pensais déjà à tout ce qu'elle pourrait contenir.
Pas aujourd'hui.
Dans dix ans. Dans vingt ans. Peut-être beaucoup plus.
Parce qu'une boîte à souvenirs artisanale a une drôle de particularité : lorsqu'on la choisit, elle est presque vide. Et c'est justement tout ce vide qui lui donne de la valeur.
Il attend une histoire.
Au commencement, quelques petits riens
Tout pourrait commencer à la naissance.
Un bracelet de maternité. Une première photo. Le petit bonnet porté quelques jours seulement.
Une carte reçue avec un bouquet. Une mèche de cheveux que l'on n'a jamais réussi à jeter.
Pris séparément, ces objets n'ont souvent aucune valeur particulière.
Et pourtant…
Demandez à une maman ou à un papa de jeter le bracelet de naissance de son enfant et vous comprendrez très vite que la valeur des choses ne se mesure décidément pas toujours en euros.
Parce que ce petit morceau de plastique porte une date, un prénom, une heure.
Il raconte le commencement.

Puis l'enfant grandit… et la boîte aussi
Quelques années passent.
Le bonnet de naissance est rejoint par une dent de lait.
Puis arrive un dessin.
Celui où les bras de maman partent directement de sa tête et où papa mesure trois fois la taille de la maison.
Un coquillage ramassé pendant les premières vacances.
Une médaille.
Une lettre.
Le ticket d'une sortie dont personne d'autre ne comprendrait l'importance.
Peut-être même un petit objet cassé que l'on devrait raisonnablement jeter… mais que l'on remet malgré tout dans la boîte.
Parce qu'il y a des objets que la raison voudrait jeter et que le cœur décide de garder.
Et doucement, sans que personne ne s'en aperçoive vraiment, ce qui était une boîte de naissance devient une boîte d'enfance.
Et si on ne s'arrêtait pas à l'enfance ?
C'est probablement cette idée qui m'a le plus accompagnée lorsque j'ai imaginé la Boîte à Trésors de la Maison.
Je ne voulais pas créer une boîte qui appartienne seulement aux premières années.
J'aimais beaucoup l'idée qu'un jour, l'enfant puisse se l'approprier.
Qu'il décide lui-même de ce qui mérite désormais d'y entrer.
Un bracelet offert par une meilleure amie.
La photo d'un premier voyage sans les parents.
Un petit mot que l'on relit cent fois.
Un billet de concert.
Une lettre d'amour, peut-être.
Et pourquoi pas, beaucoup plus tard, y déposer à son tour le bracelet de naissance de son propre enfant ?
À ce moment-là, la boucle serait plutôt jolie.
Nous ne conservons jamais vraiment des objets
C'est étrange, finalement.
Lorsque nous ouvrons une vieille boîte à souvenirs, nous regardons rarement longtemps les objets eux-mêmes.
Nous regardons ce qu'ils réveillent.
Une odeur revient.
Un visage.
Une maison dans laquelle nous n'habitons plus.
Une voix que nous pensions avoir oubliée.
Un été.
Un fou rire.
Parfois même une personne qui n'est plus là.
C'est probablement pour cela que certaines vieilles boîtes sont infiniment plus précieuses que leur contenu ne pourrait le laisser penser.
Elles ne conservent pas seulement des choses.
Elles conservent des morceaux de nous.
La Boîte à Souvenirs artisanale est née comme cela

Lorsque j'ai commencé à crocheter cette première boîte jaune tendre, je savais déjà que son couvercle serait fleuri.
Puis est venu le ruban corail.
La petite médaille en bois portant les mots Boîte à Trésors.
Et enfin cette poignée qui permet de la fermer et de la transporter.
Petit à petit, elle a trouvé son visage.
Mais son histoire, elle, ne m'appartient pas.
Parce qu'une fois qu'elle quittera l'atelier, ce que j'ai fabriqué ne sera finalement que le commencement.
La véritable Boîte à Trésors naîtra avec les objets que quelqu'un décidera d'y déposer.
Et c'est peut-être ce que j'aime le plus dans mon métier.
Je peux fabriquer l'écrin.
Mais ce sont les gens qui écrivent l'histoire.

Le regard de Fabelline
Je crois que nous vivons à une époque où nous prenons énormément de photos et où nous conservons finalement de moins en moins de choses.
Nos souvenirs sont quelque part dans un téléphone, un ordinateur ou un nuage dont nous avons parfois oublié le mot de passe.
Alors j'aime encore les boîtes.
Les vraies.
Celles que l'on ouvre avec les mains.
Celles dans lesquelles on fouille.
Celles où un vieux papier peut soudain nous faire sourire avant même que nous nous souvenions pourquoi nous l'avions gardé.
Et j'aime cette idée toute simple :
nous ne saurons jamais, au moment où nous déposons quelque chose dans une boîte, si ce petit objet deviendra un jour un trésor.
Alors parfois…
il faut peut-être simplement lui laisser une place.

Pour continuer l'histoire…
La Boîte à Trésors est née dans l'atelier de la Maison Fabelline pour accueillir les petits souvenirs d'aujourd'hui et ceux que l'on choisira de garder demain.





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